La guerre au Soudan et le « Facteur Fraternité » : Comment le nouveau cadre antiterroriste américain augmente les enjeux pour la paix en 2026
Une nouvelle stratégie antiterroriste américaine et un examen renouvelé des réseaux islamistes intensifient le débat sur la guerre au Soudan.
Opinion: Abdul Moneim Suleiman
La stratégie antiterroriste des États-Unis pour 2026, publiée hier, a fourni une description précise et décisive, identifiant l'organisation des « Frères » comme la source intellectuelle et logistique du terrorisme moderne.
Dans le contexte sanglant soudanais, cette stratégie ne semble pas loin de la réalité ; au contraire, elle met en lumière ce qui pourrait être le plus grand obstacle à la paix : la prise de décision du leadership militaire, influencée par la domination du mouvement islamique soudanais.
La poursuite de l'alliance entre le commandant de l'armée et les brigades de l'organisation idéologique n'est pas simplement une tactique militaire, mais une contrainte qui empêche la fin de la guerre. Le mouvement islamique au Soudan comprend que la fin des combats signifie sa disparition politique et légale ; par conséquent, il influence désespérément la prise de décision militaire pour assurer la continuation de la guerre.
Selon la nouvelle vision américaine, la présence des Frères au sein des rangs de l'armée soudanaise devient une menace qui va au-delà des frontières locales, confrontant directement le pays avec les stratégies internationales de lutte contre le terrorisme.
La vérité amère est que la paix ne viendra pas au Soudan tant que « l’esprit Fraternité » continuera de gérer les salles d'opérations.
À moins que l'armée ne se libère de la dépendance organisationnelle, une perspective qui semble éloignée sous la direction actuelle, la guerre continuera de brûler tout en service d'un agenda qui ne croit pas en l'État, mais en l'autonomisation, même au coût du pays lui-même.

L'insistance du leadership militaire à s'appuyer sur les vestiges de l'ancien régime des Frères et leurs brigades idéologiques place l'armée soudanaise sous la guillotine de l'histoire ; au lieu d'être vue comme un défenseur de l'État, elle est perçue par la communauté internationale comme un écran pour un projet « islamiste » cherchant à restaurer son influence au détriment de la souveraineté nationale.
Le mouvement islamique (les Frères du Soudan) ne combat pas pour l'unité du Soudan mais pour sa propre survie, sachant que toute transition démocratique ou paix réelle signifierait inévitablement la fin de son projet idéologique transfrontalier et le démantèlement de son empire économique et sécuritaire construit sur trois décennies de consolidation.
Lorsque Washington associe les Frères à Al-Qaïda et ISIS, elle retire effectivement toute couverture à toute autorité alliée avec eux. Cela signifie que l'armée soudanaise, sous sa direction actuelle, pousse rapidement le pays vers une classification comme un État voyou, justifiant une intervention sous le prétexte de « lutte contre les organisations terroristes et leurs branches ».
Le commandant de l'armée, Abdel Fattah al-Burhan, en s'accrochant à cette alliance, ne joue pas seulement avec son avenir politique mais place également le sort de 45 millions de Soudanais dans une confrontation directe avec le cadre international de lutte contre le terrorisme.
La crise soudanaise a atteint un point de polarisation aiguë. On ne peut pas parler de lutte contre le terrorisme dans le Sahel africain ou la sécurité de la mer Rouge alors qu'à Khartoum, une direction militaire opère sous l'influence du secrétaire général du mouvement islamique.
Le chemin vers la paix passe exclusivement par la suppression de l'influence idéologique de l'institution militaire.
Il est certain que la guerre ne se terminera pas par une victoire militaire pour l'un ou l'autre des parties, mais il est probable qu'elle aboutira à l'effondrement total de l'État si l'armée continue de privilégier la loyauté organisationnelle au détriment du devoir national.
Le commandant de l'armée doit choisir : soit agir comme général pour son pays, le conduisant vers la paix loin de l'influence des Frères, soit rester lié à une alliance qui ne fera que pousser le Soudan vers une guerre accrue, l'isolement et l'effondrement et lui-même sur la voie de ses prédécesseurs, poursuivi par la justice internationale et la condamnation de son propre peuple.
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