Efforts diplomatiques saoudiens et le paysage de sécurité fragile du Liban

Liban 04-05-2026 | 11:51

Efforts diplomatiques saoudiens et le paysage de sécurité fragile du Liban

Les efforts diplomatiques saoudiens influencent la fragile sécurité du Liban et les enjeux régionaux qui en découlent.
Efforts diplomatiques saoudiens et le paysage de sécurité fragile du Liban
Le ministre saoudien des Affaires étrangères Faisal bin Farhan aux côtés du président du Parlement libanais Nabih Berri.
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La situation politique et sécuritaire actuelle au Liban est extrêmement complexe. Les attaques israéliennes continuent, ciblant des médecins, des journalistes et des civils, et détruisant des maisons. Dans le même temps, le Hezbollah a repris ses opérations militaires dans le sud.

 

Cela rend le cessez-le-feu plus fragile et nécessite des efforts diplomatiques pour établir une cessation permanente des hostilités. Cela vise à préparer le terrain pour des arrangements sécuritaires conduisant au retrait des forces israéliennes du territoire libanais occupé et au retour des personnes déplacées.

 

Ces étapes visent à préparer deux phases clés : la reconstruction et l'extension de la souveraineté de l'armée libanaise sur tout le territoire libanais, ainsi que la restriction des armes exclusivement aux institutions étatiques.

 

 

Efforts diplomatiques saoudiens

 

Afin de construire un cadre sécuritaire qui empêche l'effondrement de l'État et soutient les ententes internes entre ses institutions, les efforts diplomatiques saoudiens ont pour objectif de créer un environnement régional favorable qui déplace progressivement le Liban en dehors des conflits d'axes.

 

L'objectif est que le Liban ne devienne pas une monnaie d'échange utilisée par l'Iran dans son dialogue avec les États-Unis, ni une arène où Israël impose une réalité de facto par la force.

 

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le Prince Faisal bin Farhan, a eu un entretien téléphonique le 23 avril avec le président du Parlement libanais Nabih Berri. Ils ont discuté des développements au Liban et des efforts en cours pour parvenir à un arrêt complet des attaques israéliennes, tout en réaffirmant le soutien du Royaume à la stabilité de la République libanaise et au renforcement de ses institutions étatiques.

 

Un communiqué du ministère saoudien des Affaires étrangères a noté que Nabih Berri a salué le rôle du Royaume et ses efforts continus pour soutenir le Liban et préserver sa sécurité et celle de la région. Il a également affirmé l'engagement du Liban envers l'accord de Taëf et son rejet de tout ce qui menace l'Arabie saoudite ou compromet sa sécurité.

 

Ces remarques de Berri sont significatives. En plus d'être président du Parlement, il est actuellement la figure politique la plus influente par rapport au Hezbollah et est capable de s'adresser à son public dans une langue qu'il comprend sans être accusé par le parti de trahison.

 

Cela rend sa position extrêmement importante dans la phase à venir, car elle pourrait aider à provoquer des changements réels qui apaisent les tensions sectaires, facilitent le processus de restriction des armes à l'État, et rassurent les personnes déplacées concernant la reconstruction et leur retour dans leurs villages et villes du sud.

 

De plus, lorsque Nabih Berri affirme son rejet de tout ce qui menace l'Arabie saoudite ou compromet sa sécurité, il se positionne dans une position arabe claire qui s'aligne sur la sécurité et la stabilité. Cela l'éloigne d'un discours révolutionnaire et incendiaire qui, à certains moments, l'a conduit à l'isolement de l'environnement arabe.

 

Berri considère maintenant cette période comme une erreur politique qui doit être corrigée, et qu'il est temps de renforcer les bonnes relations avec le Royaume d'Arabie saoudite à travers les institutions étatiques, sans s'aligner sur des axes transfrontaliers au détriment de l'intérêt national libanais et de son peuple.

 

Au cœur de ce mouvement, il y a eu également une visite à Beyrouth du prince Yazid bin Farhan, conseiller du ministre des Affaires étrangères pour les affaires libanaises. Il a rencontré les trois présidents et des figures parlementaires dans le but de rapprocher les positions et de construire des ponts entre elles, afin de créer des ententes internes qui rendent la position libanaise plus cohérente et unifiée, et de limiter les tensions de rue causées par des groupes incontrôlés.

 

 

 

Le cadre politique de ce mouvement diplomatique a été clairement reflété dans le communiqué du ministère saoudien des Affaires étrangères émis le 16 avril, qui a salué l'annonce d'un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah. Il a réaffirmé le soutien du Royaume à l'État libanais dans l'affirmation de sa souveraineté et la restriction des armes à l'État et à ses institutions légitimes, tout en louant les étapes de réforme et les efforts pour préserver les ressources du Liban et la sécurité et l'unité de son territoire.

 

Les priorités saoudiennes sont interconnectées et se complètent, menant vers une étape de stabilité et de développement. Elles incluent un cessez-le-feu permanent, le retrait des forces d'occupation du territoire libanais, l'extension de l'autorité de l'État sur tout le territoire et la restriction des armes aux institutions légitimes, suivies par le retour des personnes déplacées, le lancement de la reconstruction et la réforme des institutions étatiques.

 

 

Avertissement : Les opinions exprimées par les écrivains leur appartiennent et ne représentent pas nécessairement les vues d'Annahar.