Soutien à l’armée libanaise : un enjeu lié aux efforts de désarmement

Liban 25-04-2026 | 19:56

Soutien à l’armée libanaise : un enjeu lié aux efforts de désarmement

La France avance avec l’organisation d’une conférence d’aide destinée au Liban, tandis que les États-Unis accentuent leur pression pour que les armes soient placées sous contrôle étatique. Washington insiste sur le rôle central de l’armée libanaise dans le processus de désarmement du Hezbollah, soulignant l’importance de renforcer les institutions nationales et de consolider la souveraineté de l’État.
Soutien à l’armée libanaise : un enjeu lié aux efforts de désarmement
Le Premier ministre Nawaf Salam au palais de l'Élysée rencontre Emmanuel Macron. (AFP)
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A.S.

 

Aucune nouvelle date n'a encore été fixée pour la conférence en faveur de l'armée libanaise et des forces de sécurité, que la France avait annoncée en février dernier et prévue pour le 5 mars, avant que le Président libanais Joseph Aoun et le Président français Emmanuel Macron n'annoncent conjointement son report le premier de ce mois.

 

Quelques heures après le déclenchement de la guerre américano-israélienne contre l'Iran à la fin de février dernier, les présidences libanaise et française ont annoncé dans une déclaration conjointe que les deux présidents avaient décidé ensemble de reporter la conférence internationale de soutien aux Forces Armées Libanaises et aux Forces de Sécurité Intérieure, initialement prévue pour le 5 mars à Paris, à avril, les conditions appropriées pour maintenir la date initiale n'étant pas réunies.

 

Lors de sa participation à l'ouverture du sommet européen à Chypre, Aoun a rencontré Macron, qui a souligné que le Liban devait recevoir un soutien tangible et que l'Europe devait s'engager davantage dans cette question. Il a déclaré qu'une conférence serait organisée pour soutenir le Liban et que des efforts vers des négociations, la paix et la stabilité se poursuivraient.

 

Lebanese Army Commander Rodolphe Haykal. (Lebanese Army)
Lebanese Army Commander Rodolphe Haykal. (Lebanese Army)

 

La position française en soutien au Liban n'a pas changé, mais l'organisation de la conférence, préparée lors d'une réunion préliminaire au Caire en février dernier, devrait attirer l'attention internationale après l'expansion des attaques israéliennes contre le Liban au début du mois dernier et l'engagement du Liban dans des réunions directes avec Israël à Washington, ouvrant la voie à des négociations directes.

 

L'insistance de la France sur la tenue de deux conférences, l'une pour soutenir l'armée et une autre pour la reconstruction au Liban, reflète son engagement constant à aider le pays, malgré le fait que Washington écarte Paris des négociations directes anticipées entre le Liban et Israël.

 

Cependant, les priorités de la communauté internationale, y compris la France et les États-Unis, se sont déplacées vers la concentration sur le rôle de l'armée libanaise pour consolider le contrôle sur les armes, surtout après la décision du gouvernement libanais le 2 mars de bannir les activités militaires et de sécurité du Hezbollah et de les classer comme illégales, une mesure sans précédent même pendant les années 1980 sous la présidence d'Amine Gemayel, malgré la signature de l'Accord du 17 mai.

 

La France ne cache pas son appel à placer les armes sous contrôle étatique et à confier à l'armée libanaise cette tâche domestique complexe, alors que le Hezbollah s'oppose à toute telle démarche tant que les attaques israéliennes sur le Liban continuent. Le groupe maintient que la question de ses armes doit être abordée par un dialogue national conduisant à l'adoption d'une stratégie de défense, comme indiqué dans l'allocution inaugurale du Président Joseph Aoun le 9 janvier 2025.

 

 

Soutien lié à la restriction des armes

 

L'administration américaine n'a pas caché son mécontentement face à ce que l'armée libanaise a réalisé en termes de restriction des armes avant l'expansion des attaques israéliennes. Les critiques envers l'institution militaire ont escaladé au point qu'une visite prévue par le Commandant de l'armée, le Général Rodolphe Haykal, à Washington en novembre dernier, a été annulée. Dans ce contexte, la délégation israélienne au sein du comité de « mécanisme » répétait que l'armée ne remplissait pas ses devoirs, ne confisquait pas toutes les armes au sud du fleuve Litani, et n'entrait pas dans tous les sites de stockage.

 

Au milieu de ces critiques, la France a annoncé qu'elle organiserait une conférence pour soutenir l'armée et les forces armées, basée sur la fourniture d'une assistance logistique et de l'équipement nécessaire pour accomplir la tâche de restriction des armes, plutôt que de fournir des armes qui permettraient de répondre aux attaques israéliennes et violations de la souveraineté libanaise. Ceci a été affirmé explicitement par l'ancien envoyé américain au Liban, l'Ambassadeur Tom Barrack, dans une interview avec Télé Liban le 21 juillet 2025, où il a affirmé que son pays « fournit un soutien aux forces armées libanaises (...) et elles doivent être correctement formées en tant que forces de maintien de la paix, et non pas en tant que forces militaires offensives, et dans ce cadre, tout le monde peut commencer à se sentir rassuré (...) ».

 

En conséquence, le soutien principal pour l'armée dans la prochaine phase visera à restreindre les armes et à éviter ce que Washington et Tel Aviv considèrent comme un échec dans cette mission, avec des appels répétés pour que l'armée remplisse ses devoirs dans le désarmement du Hezbollah, avec une volonté exprimée d'aider à la mise en œuvre de cette tâche.