Entre 2023 et 2026, journalistes et équipes de caméra couvrant les conflits au Liban ont régulièrement perdu la vie, mettant en évidence les risques croissants auxquels sont confrontés ceux qui rapportent depuis les lignes de front.
Le ciblage de lajournaliste Amal Khalil ne constitue pas un incident isolé, mais s’inscrit dans une longue histoire de sacrifices consentis par les journalistes et photographes lors de crises et de guerres. Le ciblage des journalistes libanais ne peut être considéré comme un événement passager : il place directement les équipes de presse en ligne de mire, simplement pour accomplir leurs devoirs professionnels.
Les deux guerres les plus récentes au Liban ont coûté la vie à plusieurs journalistes. Selon des rapports, entre 12 et 22 travailleurs des médias correspondants, photographes et techniciens ont été tués depuis la guerre dite de « Soutien à Gaza » en octobre 2023, suivie de la « Guerre de Khamenei » en mars 2026.
Journaliste Amal Khalil (Réseaux sociaux)
Chaque journaliste tombé, dont le sang a marqué l’histoire de son ciblage, incarne un parcours professionnel intimement lié à la douleur chronique d’une nation et à un conflit encore ouvert. Cela soulève une question essentielle : qui sont les journalistes tués ?
La guerre de 2026
Durant la phase de ce qu’on appelle la Guerre de Khamenei, plusieurs professionnels des médias ont été directement ciblés :
22 avril 2026 : Amal Khalil, journaliste au quotidien Al Akhbar, a été tuée lors d’une frappe aérienne israélienne dans la ville de Tayri.
La période connue sous le nom de guerre Soutien à Gaza n’a pas été très différente du conflit le plus récent en matière de ciblage des journalistes et des équipes médiatiques, surtout lorsque le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre sans décision officielle de l’État. Plusieurs journalistes de renom ont perdu la vie durant cette période :
13 octobre 2023 : Issam Abdallah, caméraman pour Reuters, a été tué par un bombardement de char israélien à Alma al-Shaab.
21 novembre 2023 : trois travailleurs des médias ont été tués alors qu’ils couvraient des événements près de Tayr Harfa, dans le sud du Liban :
Farah Omar, correspondante pour Al Mayadeen TV
Rabi’ Al Maamari, caméraman pour Al Mayadeen TV
Hussein Aqil, assistant média
Une veillée de solidarité pour les martyrs des médias à la place des Martyrs au centre de Beyrouth (Houssam Chbaro).
Le 23 septembre 2024, Hadi Al Sayed, journaliste pour Al Mayadeen Online, a été tué lors d’une frappe aérienne israélienne visant son domicile à Borj Rahal, près de Tyr.Le 11 octobre 2024, Hussein Safa, photographe pour Houna Lebanon, a trouvé la mort dans une frappe aérienne à Mayfadoun.Le 16 octobre 2024, deux photographes ont été tués : Mohammad Ghadboun à Qana et Mohammad Bitar à Nabatieh.Le 25 octobre 2024, des avions israéliens ont ciblé directement un hôtel hébergeant des équipes médiatiques à Hasbaya, dans le sud du Liban, entraînant pertes et blessures. Trois journalistes ont été tués :
Wissam Qassem, caméraman pour Al Manar TV
Ghassan Najjar, caméraman pour Al Mayadeen TV
Mohammad Reda, ingénieur de diffusion pour Al Mayadeen TV
Cette réalité illustre combien la profession journalistique devient une ligne de front permanente face au danger. Les risques dépassent la simple couverture des guerres pour inclure le ciblage délibéré, l’assassinat et le meurtre. De la guerre civile aux attaques israéliennes répétées, les journalistes paient un lourd tribut, accomplissant leur mission armés uniquement de caméras et de stylos, avançant là où ceux qui portent des fusils restent cachés parmi les civils.