Le Liban et Israël se dirigent vers de nouvelles discussions soutenues par les États-Unis sur un cessez-le-feu et le désarmement

Liban 15-04-2026 | 14:37

Le Liban et Israël se dirigent vers de nouvelles discussions soutenues par les États-Unis sur un cessez-le-feu et le désarmement

Suite à la reprise des combats, les efforts diplomatiques reprennent avec des propositions pour des restrictions militaires limitées, un processus de désarmement par étapes et des éventuelles étapes vers des négociations plus larges.
Le Liban et Israël se dirigent vers de nouvelles discussions soutenues par les États-Unis sur un cessez-le-feu et le désarmement
Les délégations libanaise et israélienne avant le début des négociations directes à Washington.
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Les pourparlers entre le Liban et Israël parrainés par les États-Unis ont conduit à un accord sur une formule inférieure à un accord de cessez-le-feu, mais qui permettra de lancer des négociations visant à désarmer le Hezbollah et à parvenir à la paix bilatérale.

 

Des sources indiquent que la réunion entre les représentants libanais et israéliens, sous le parrainage des États-Unis, a ouvert la voie à des discussions qui pourraient éventuellement conduire à des négociations de paix. Cette étape représente une opportunité prometteuse d'élargir la paix arabo-israélienne en atteignant une formule qui aborde les défauts de l'accord de cessez-le-feu signé en novembre 2024, qui n'a pas réussi à atteindre l'objectif principal de désarmer l'organisation, en plus de réduire l'impact des opérations militaires en cours sur les civils libanais.

 

 

La réunion préparatoire (AFP)
La réunion préparatoire (AFP)

 

 

L'accord qui a été négocié à l'époque par l'administration du président américain Joe Biden avait de meilleures chances de succès comparé à l'accord de cessez-le-feu de Gaza vacillant, car le principal tiers était le gouvernement libanais, qui a changé sa perception du parti et l'a dépouillé du label de « résistance nationale », de sorte qu'il est devenu, aux yeux de la plupart des chrétiens, sunnites et d'une partie des chiites, un bras de l'influence iranienne.

 

Après environ un an et demi depuis la signature de l'accord, ses lacunes ont commencé à émerger, et la question du désarmement du parti dans un calendrier fixe était l'un des points de désaccord. D'une part, le gouvernement a tardé à demander à l'armée de préparer un plan pour monopoliser les armes, et d'autre part, l'armée a adopté une approche prudente et a évité toute confrontation directe avec le Hezbollah.

 

Cela peut être dû à sa préférence pour préserver la stabilité interne plutôt que de faire respecter le désarmement par la force, ou parce qu'une partie de la classe politique a des intérêts dans le système politique complexe qui a permis au parti, et lui permet encore, d'exercer son influence derrière une façade civile.

 

Israël a également refusé de se retirer des territoires qu'il occupe et a poursuivi ses opérations militaires contre le parti. Quelles que soient les raisons, l'accord de cessez-le-feu a été sapé.

 

Des sources affirment que l'accord de 2024 comprenait quelques innovations utiles, comme un mécanisme sous supervision américaine pour transférer des informations de renseignement à l'armée en tant qu'intermédiaire et pour résoudre les différends entre les parties libanaise et israélienne, mais il n'a pas réussi à traiter le problème central, qui est le désarmement, car l'armée a refusé de risquer une confrontation avec le parti et la direction politique n'a pas exercé une pression suffisante pour appliquer ses décisions.

 

Six semaines après les combats, la diplomatie voit une seconde opportunité avec l'accord de tenir des discussions entre les parties libanaise et israélienne. Le bombardement qui a ciblé Beyrouth a renforcé la position du gouvernement, qui a ordonné à l'armée de se déployer dans la ville pour en faire une zone démilitarisée, tandis que le président a surmonté les tentatives d'entraver ces négociations. Le principal défi sera de concilier les positions divergentes concernant les opérations militaires. Le Liban appelle à un cessez-le-feu pour alléger la crise humanitaire et soutenir l'option de la négociation, tandis qu'Israël refuse d'accepter un cessez-le-feu sans avancées sur la restriction des armes.

 

Malgré cette divergence, les deux parties ont un intérêt à trouver un compromis. Le président Joseph Aoun doit justifier son choix d'entrer en négociations, tandis que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu doit faire avancer sa vision de paix régionale. Les deux parties pourraient parvenir à un accord limité, tel que la restriction ou la suspension des opérations militaires israéliennes dans certaines zones pendant plusieurs semaines, ce qui mettrait la pression sur l'armée libanaise pour démontrer son efficacité.

 

Dans ce contexte, des sources notent que le processus de désarmement pourrait commencer du nord vers le sud, après l'échec de la tentative de départ du sud, avec le renforcement du rôle du mécanisme et l'élargissement de la portée du système de surveillance américain, y compris l'implication de personnel sur le terrain pour suivre la mise en œuvre et évaluer les performances.

 

En parallèle des questions sécuritaires, les pourparlers pourraient aborder l'objectif de paix en examinant les points de désaccord entre les deux pays, ce qui pourrait dans une première étape mener à une normalisation. Netanyahu a récemment indiqué la possibilité d'atteindre une paix complète, ce qui peut être difficile pour les Libanais et nécessiterait des conditions régionales favorables.

 

Ces négociations sont perçues comme une opportunité pour la diplomatie américaine de réaliser une percée politique après des pourparlers au point mort avec l'Iran et aucun progrès tangible à Gaza. Parvenir à un accord nécessiterait un degré de créativité diplomatique, ce qui n'est pas impossible, notamment s'il existe un accord pour s'engager à restreindre les armes, à limiter les opérations militaires et à lancer des négociations parallèles sécuritaires et politiques pour parvenir à la paix.