La candidature de Macky Sall à l'ONU : Transformer le débat africain en élan international

Opinion 09-04-2026 | 13:37

La candidature de Macky Sall à l'ONU : Transformer le débat africain en élan international

Au milieu des débats de l'Union africaine et des changements de positions diplomatiques, l'ancien président du Sénégal gagne en élan vers un soutien mondial, transformant une opposition initiale en un avantage stratégique.
La candidature de Macky Sall à l'ONU : Transformer le débat africain en élan international
L’ancien président sénégalais Macky Sall.
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Au milieu de la controverse entourant la candidature de l'ancien président sénégalais Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations Unies, succédant au portugais Antonio Guterres, deux récits contradictoires ont émergé : l'un souligne les obstacles au sein de l'Union africaine, tandis que l'autre considère les récents événements comme un signe de progrès significatif.

 

 

Cependant, un examen attentif des chiffres et des positions évolutives révèle que ce qui s'est passé s'apparente davantage à une victoire retentissante mal médiatisée qu'à un échec politique.

 

 

En réalité, le nombre de pays ayant clairement opposé à la candidature de Macky Sall n'est que de 13, un chiffre modeste au sein d'une organisation continentale de 54 pays. Les cinq autres pays souvent présentés comme faisant partie du "camp opposant" n'ont pas rejeté la nomination, mais ont simplement demandé plus de temps pour délibérer une position diplomatique courante dans les affaires sensibles, reflétant une hésitation plutôt qu'une opposition franche.

 

Plus important encore, ce camp était loin d'être stable; deux pays éminents, l'Égypte et le Libéria, ont rapidement changé de position. Le Caire a retiré sa demande de prolongation tandis que le Libéria a rétracté son objection. Ce développement révèle que le soi-disant "front de l'opposition" était, en réalité, une coalition temporaire et fragile plutôt qu'un alignement politique solide.

 

 

Si nous tentons d'écouter aux portes des coulisses diplomatiques, nous constatons que la plupart des 13 pays opposants ont objecté pour des raisons formelles, certains citant un "manque de consultation" avant l'annonce de la candidature. Leur position reflète l'orgueil diplomatique une position qui peut être abordée ultérieurement, car elle ne vise ni le candidat ni l'idée elle-même, mais le processus.

 

 

D'autre part, les faits principaux restent clairs : 35 pays africains n'ont pas objecté au projet de résolution. Dans le contexte de l'Union africaine, ce nombre ne peut être rejeté comme un simple "silence"; il représente une large acceptation d'un candidat qui ne fait face à aucun rejet collectif. Lorsque les pays s'opposent à une nomination, ils le rendent explicite, comme l'ont fait les treize États. S'abstenir d'objection signale généralement une volonté implicite de progresser avec consensus, ou à tout le moins une absence d'intention de faire obstacle au processus.

 

 

C'est le paradoxe qui définit ce dossier : l'influence des pays qui ont perturbé la "procédure silencieuse" a été exagérée, les présentant comme un front de résistance, alors que la réalité numérique et politique indique le contraire. La majorité africaine, par leur silence ou leur neutralité positive, a placé Macky Sall de manière avantageuse, tandis que l'opposition reste peu nombreuse et fluide dans sa posture.

 

 

Plus important que ce débat, malgré son intensité, c'est qu'il ne détermine pas le véritable concours : la sélection du Secrétaire général des Nations Unies n'est pas décidée au sein de l'Union africaine, mais au Conseil de sécurité, où résident les véritables équilibres de pouvoir. Dans ce cadre, les pays qui se sont opposés à la candidature dans l'Union ne détiennent pas l'influence décisive sur la décision finale, car ils n'incluent pas les membres permanents du Conseil de sécurité, qui sont les acteurs clés du processus.

 

 

En d'autres termes, l'influence de ces pays reste limitée sur la scène internationale, comparée aux grandes dynamiques de pouvoir qui détermineront finalement l'issue de la nomination à New York. Cela renforce la position du Président Macky Sall, puisqu'il bénéficie d'une large base africaine non opposée et ne fait face à aucune coalition internationale capable de bloquer son chemin.

 

 

Ce qui s'est passé au sein de l'Union africaine peut être vu comme une phase transitoire entre "acceptation large" et "approbation formelle". Le président Sall a réussi à se positionner comme un candidat continental qui n'est pas rejeté un prérequis fondamental pour toute nomination internationale mais il n'a pas encore obtenu le consensus officiel. Néanmoins, la tendance générale suggère le potentiel de convertir cette acceptation en soutien explicite, notamment compte tenu de la flexibilité des positions de certains pays.

 

En conclusion, rompre la "procédure silencieuse" ne signifie pas autant une défaite politique qu'une mauvaise interprétation des résultats. Les chiffres favorisent clairement le président Sall, l'opposition reste limitée, et la décision ultime se trouve délibérément au-delà du cadre africain. À la lumière de ces facteurs, sa nomination aujourd'hui ressemble plus à une victoire silencieuse, progressant vers une pleine approbation internationale.